Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

 

4.       QUESTIONS FREQUENTES

 

 

 

Au cours de leur maladie d’Addison, de nombreux patients seront un jour ou l’autre concernés par une ou plusieurs de ces questions. Par souci de simplicité, celles-ci ont été divisées en trois thèmes : les symptômes rencontrés par de nombreuses personnes souffrant de la maladie d’Addison ; les symptômes engendrés par de faibles taux de cortisol ; et les symptômes engendrés par des taux de cortisol élevés.

 

Toutefois, la plupart des personnes atteintes de la maladie d’Addison prenant plusieurs doses fractionnées de traitement par jour, elles peuvent ressentir à la fois des symptômes associés à des taux de cortisol élevés et des symptômes associés à des taux de cortisol bas au cours d’une même journée.

 

Ne vous alarmez pas si vous ressentez certains des symptômes de sous-dosage ou de surdosage décrits ci-dessous. Au fur et à mesure de votre expérience, vous apprendrez à faire les ajustements nécessaires. Parlez-en avec votre médecin, efforcez-vous d’atteindre votre dose quotidienne optimum (de temps en temps) n’hésitez pas à avoir recours à l’automédication, comme exposé dans les sections suivantes. Tout ceci vous permettra de minimiser la fréquence et la gravité de ces symptômes.

 

 

A)     SYMPTOMES RENCONTRES PAR DE NOMBREUX PATIENTS ATTEINTS DE LA MALADIE D’ADDISON

 

 

« Cela fait 26 ans que je souffre de la maladie d’Addison. Je suis resté longtemps avec 40 mg d’hydrocortisone par jour et je me sentais plutôt bien. Et puis, au bout de 11 ans, on a diagnostiqué un diabète insulinodépendant et il est apparu que l’insuline perturbait mon traitement pour la maladie d’Addison, alors on m’a fait passer sous prednisone et fludrocortisone. Il y a un mois, j’ai eu une crise d’hypoglycémie, et je me suis retrouvé avec plusieurs fractures par tassements au niveau de la colonne vertébrale. A la radio, on a aussi trouvé quatre fractures par tassements plus anciennes qui étaient déjà consolidées. Je suis atteint d’ostéoporose, à 40 ans seulement ! Ce qui m’a vraiment affecté, c’est la perte de densité osseuse parce que je suis paysagiste de métier et je dois porter beaucoup de lourdes charges. » BRIAN

 

 

L’ostéoporose

 

L’ostéoporose est plus fréquente chez les patients souffrant de la maladie d’Addison que parmi la population générale. Dans ce guide, le terme « ostéoporose » est utilisé comme terme général recouvrant divers types d’affections osseuses, lesquelles pourront être détectées par une densitométrie osseuse (les termes médicaux souvent utilisés sont l’ostéopénie, l’ostéomalacie et l’ostéoporose).

 

Les femmes ménopausées sont les plus vulnérables, mais des études médicales portant sur la densité osseuse chez les patients souffrant de la maladie d’Addison ont mis en évidence une déminéralisation osseuse même chez des hommes plus jeunes. Des taux de DHEA trop faibles pourraient en partie en être responsables.

 

Une utilisation à long terme de doses élevées de corticoïdes est aussi fréquemment associée à l’ostéoporose. En ne prenant que la dose quotidienne minimale d’hydrocortisone dont vous avez besoin, vous ne devriez pas courir de risque accru de perte de densité osseuse du fait de votre corticothérapie. A contrario, toute personne qui est constamment en état de surdosage présente un risque d’ostéoporose accru.

 

Il est recommandé à toute personne atteinte de la maladie d’Addison de prendre des mesures préventives afin de réduire le risque de perte de densité osseuse. Il n’est jamais trop tôt, ni trop tard, pour commencer à vous préoccuper de votre densité osseuse.

Que puis-je faire pour prévenir l’ostéoporose ?

 

Vous devez vous assurer que votre alimentation contient beaucoup de calcium et de vitamine D. Le climat de certains pays fait qu’il est relativement facile de manquer de vitamine D. Si vous n’aimez pas les produits laitiers, vous pouvez vous procurer des compléments alimentaires contenant du calcium et de la vitamine D, disponibles en vente libre ou sur ordonnance en le demandant à votre médecin traitant.

 

« Je prends du Fosamax tous les jours pour mon ostéoporose, qui est due à mon traitement de prednisone. Je prends aussi du calcium avec de la vitamine D. Grâce à cela, mon dernier examen de densité osseuse s’est révélé normal. Par le passé, j’ai déjà souffert d’une fracture par tassement. Je dirais donc que le Fosamax marche bien en ce qui me concerne. Il suffit juste que je continue à le prendre tous les jours. » SALLY

 

·         L’exercice physique vous aide à consolider votre densité osseuse. Il doit s’agir d’une activité lors de laquelle il y a impact ou faisant intervenir des poids (par exemple, la natation n’aura aucun effet mais la marche est un excellent choix). Une marche quotidienne de 20 minutes à vive allure suffit déjà, mais une séance de gym de 30 minutes, trois fois par semaine, est encore plus bénéfique.

·         Gardez à l’esprit que les régimes hypocaloriques qui encouragent le corps à brûler les composés cétoniques entraînent aussi une perte de calcium au niveau des os, et peuvent donc également contribuer à la formation d’ostéoporose. Choisissez plutôt un régime équilibré, comme indiqué dans le chapitre 5 : L’alimentation

·         Il est recommandé aux femmes ménopausées de suivre un traitement hormonal substitutif (sauf contre-indication) dans la mesure où cela apporte une protection contre l’ostéoporose.

·         Nous vous conseillons de demander à passer une densitométrie osseuse tous les cinq à dix ans. Les femmes doivent s’assurer d’avoir passé une densitométrie osseuse au moment de la ménopause, si cela n’a pas déjà été fait. Il peut aussi être utile de passer une densitométrie osseuse peu de temps après votre maladie ait été diagnostiquée afin d’avoir un examen de référence de l’état de vos os.

·         Il existe des médicaments, délivrés sur ordonnance, qui peuvent renforcer la densité osseuse. Pour les personnes présentant déjà une faible densité osseuse, l’efficacité de ces médicaments a été prouvée.

 

 

« J’ai pris plus de 13 kilos avec la maladie d’Addison. J’ai réalisé à quel point j’essayais de m’auto médicamenter avec la nourriture – je grignotais sans arrêt et récemment, je n’arrêtais pas de manger des bonbons. Je tentais en réalité de trouver une source d’énergie pour m’aider à surmonter la sensation d’épuisement que je ressentais. C’était le seul remède que je connaissais, à part boire des tonnes de café pour essayer de ne plus me sentir si fatiguée. »

GLENNA

 

« Lorsque mon diagnostic a été établi pour la première fois, on m’a prescrit une dose trop forte de prednisone et j’ai commencé à prendre du poids rapidement. Ensuite, je suis passée à 20 mg d’hydrocortisone par jour. En faisant attention à consommer le moins de glucides possible,  je suis en train de perdre doucement ces kilos superflus. »

CATHY

 

Prise de poids : est-ce la faute des corticoïdes ?

 

Avant que le diagnostic ne soit établi, un grand nombre de personnes atteintes de la maladie d’Addison perdent beaucoup de poids. Ceci est en partie dû au fait que la maladie entraîne une perte d’appétit et qu’ils ingèrent donc moins de calories qu’une personne en bonne santé.

 

Une partie importante de cette perte de poids est aussi due à une perte des liquides normalement présents dans le corps, à mesure que l’équilibre des électrolytes se déstabilise. La prise de poids rapide lors des premières semaines du traitement s’explique généralement par le fait que l’équilibre des liquides se rétablit. Cependant, suite à cela, il devient facile de stocker des graisses, d’autant plus que la plupart des gens hésitent ensuite à pratiquer une activité physique trop fatigante.

 

Et puis les corticoïdes, en général, augmentent réellement l’appétit. La différence d’appétit peut être subtile, de sorte que la prise de poids est lente, mais certaine. De plus, les personnes sous corticothérapie ont parfois plus de mal à mobiliser les graisses stockées et, par conséquent, une fois gagnés, les kilos sont plus difficiles à perdre.

 

« J’ai pris bien plus de 10 kilos lorsque j’étais enceinte et que j’allaitais. Ensuite, j’ai tout perdu en 12 mois à mesure que les enfants grandissaient. Je faisais du sport juste en poussant la poussette et en courant après les enfants au square. J’ai aussi réalisé que je mangeais une grande quantité de fruits secs, de chocolat et de chips pour me donner de l’énergie. J’ai commencé à manger des amandes, des pommes et des carottes au lieu de grignoter mes snacks habituels. J’ai aussi divisé ma dose d’hydrocortisone pour prendre de plus petites quantités plus souvent dans la journée afin de maintenir mon niveau d’énergie constant. Ainsi, j’ai perdu environ un kilo par mois. » CATHARYN

 

Qu’est-ce qui aide à perdre ces kilos en trop ?

 

Si vous avez fréquemment faim, que vous mangez des quantités de nourriture qui font que vous vous inquiétez pour votre poids, vous pouvez essayer  de réduire petit à petit votre dose quotidienne de corticoïdes, cela pourra vous aider à perdre quelques kilos.

 

Si vous ressentez des symptômes d’hypoglycémie et un manque d’énergie, sans avoir nécessairement faim – et que vous êtes obligé de prendre des collations riches en sucres et en graisses pour vous aider à tenir tout au long de la journée – il se peut alors que réduire votre dose quotidienne globale ne soit pas la solution la plus indiquée dans votre cas pour perdre du poids. Au lieu de cela, il vous faudra peut-être revoir les heures de prise de vos doses afin de faire en sorte de maintenir votre niveau d’énergie et de réduire votre consommation de collations sucrées et riches en graisses.

 

Comme c’est le cas pour la population générale, la plupart des personnes atteintes de la maladie d’Addison garderaient plus facilement leur poids idéal si elles pratiquaient régulièrement une activité physique.

 

 

B)      SYMPTOMES ENGENDRES PAR DE FAIBLES TAUX DE CORTISOL

 

Pourquoi ai-je le moral à zéro à certains moments de la journée ?

 

La raison la plus fréquente de cette sensation de déprime à certains moments de la journée est que votre taux de cortisol est inférieur à ce dont votre corps a besoin. Typiquement, cela se produit lorsque le laps de temps entre une prise d’hydrocortisone et la suivante est trop long. La plupart des personnes atteintes de la maladie d’Addison qui ont participé à l’enquête de 1996 ne prenaient leur hydrocortisone qu’en deux doses quotidiennes uniquement. Plus de deux tiers ont aussi rapporté ressentir, au moins de temps en temps, des difficultés liées à une hypoglycémie.

 

Si vous ressentez au moins un des symptômes décrits ci-dessous, il se peut que vous ayez besoin d’ajuster votre traitement d’hydrocortisone et de le prendre en plus petites quantités, lors de prises plus fréquentes.

 

·     L’hypoglycémie (un taux de sucre trop bas dans le sang) est une réaction normale à un taux de cortisol trop bas. Cela entraîne généralement des tremblements, des sensations de malaise, de perte d’équilibre, d’irritabilité et de faim. Certaines personnes utilisent l’expression « cerveau embrumé » pour décrire cela.

·     Des maux de têtes ou des douleurs articulaires récurrents peuvent aussi être des réactions à des  taux de cortisol trop bas.

·     Une perte d’appétit et des sensations de légères nausées sont aussi souvent la conséquence de faibles taux de cortisol, et de nombreux patients reconnaîtront ces symptômes pour les avoir ressentis avant leur diagnostic.

·     De fortes nausées et des vertiges constituent généralement des indicateurs plus sérieux d’un taux de cortisol trop bas et seront examinés dans les pages suivantes.

 

Le moment de la journée au cours duquel les personnes souffrant de la maladie d’Addison ressentent le plus les effets d’un taux de cortisol trop faible se situe au milieu de l’après-midi, mais certaines personnes ressentent aussi des symptômes similaires au moment où elles se réveillent.

Si les symptômes que vous ressentez ne s’atténuent pas une fois que vous avez pris votre dose d’hydrocortisone suivante, vous devez alors en parler à votre médecin.

 

 

 « Pendant 3 ans, j’ai souffert de maux de tête terribles. J’ai vu des tonnes de médecins – de toutes sortes – j’ai passé un scanner, une IRM et fait toutes sortes d’analyses, tout en essayant plein de médicaments. Au bout du compte, une analyse de la tolérance au glucose a montré que je produisais trop d’insuline en réponse à un apport de glucides. Le résultat, c’était que 2 ou 3 heures après un gros repas riche en glucides, mon taux de glucose était bien trop bas. Les maux de tête étaient dus à ce phénomène d’hypoglycémie, et au fait que mon corps modifiait son métabolisme pour produire des composés cétoniques. Depuis que je consomme plus de protéines et moins de glucides, je n’ai plus de maux de tête ! » DICK

 

« Je commence à reconnaître mes symptômes lorsque mon taux baisse. Tout d’abord, je me sens encore plus fatiguée. Ensuite, j’ai terriblement froid, après c’est au tour des crampes musculaires, puis des nausées et enfin des vomissements. Si je prends une dose plus importante de médicament dès le début, il semble que je parvienne à stopper cet enchaînement d’événements. Quelquefois également, lorsque je suis particulièrement fatiguée, j’ai l’impression de devoir me remuer dans de la boue, le fait de bouger me fait mal et par la suite j’ai des sensations de vertiges. Si j’avale une pincée de sel, en environ une demi-heure, je peux me sentir mieux. »

SHELLEY

 

 

Hypoglycémie et réponse à l’insuline

 

L’hypoglycémie peut s’accompagner de fortes envies de grignoter, qui s’expliquent par le fait que le corps cherche des sources d’énergie instantanées sous la forme d’aliments riches en sucres et en graisses.   

 

Malheureusement, des apports riches en sucres ou graisses tendent à perpétuer le cycle des baisses d’énergie. Ceci s’explique par le fait que ce type d’aliments déclenche la production de grandes quantités d’insuline par le pancréas. L’insuline convertit rapidement les sucres disponibles dans le sang en graisses, que le corps stocke ensuite, vous laissant de nouveau en hypoglycémie. Ce processus se déclenche plus rapidement chez les personnes en surpoids, ce qui peut sembler particulièrement injuste.

 

Envie de sel et autres sensations de manque

 

·         Les personnes atteintes de la maladie d’Addison ressentent fréquemment un manque de sel et donc, des envies de sel. Elles ont tendance à perdre leur sel plus rapidement que les personnes possédant des glandes surrénales en bonne santé, et il est donc utile de consommer des aliments salés avec modération. Si vous avez l’impression d’avoir plus envie de sel que d’habitude, ou si vous ressentez une résurgence de certains de vos symptômes présents avant le diagnostic – comme une sensation de vertige en vous tenant debout – il faut en parler à votre médecin et faire vérifier le dosage de votre traitement médical.

·         Il arrive également assez souvent d’avoir envie d’aliments acides, comme du jus de citron. Certains patients atteints de la maladie d’Addison disent avoir développé des goûts peu communs, comme les jus vinaigrés des cornichons ou d’autres aliments acides.

 

·         Il est peu courant de ressentir des envies de réglisse, mais cela peut indiquer que votre traitement de fludrocortisone a besoin d’être augmenté. Il est important de vérifier cette donnée grâce à une analyse de sang appropriée avant d’ajuster votre traitement de fludrocortisone.

 

·         Les envies de sucre sont communes à la population générale. Cependant, si vous ressentez le besoin de consommer des aliments sucrés à la même heure chaque jour, cela peut indiquer que le laps de temps entre vos doses fractionnées est trop long.

 

 

Sensation extrême de soif

 

Si vous avez l’impression d’avoir tout le temps soif et avez souvent besoin d’uriner (comme c’est le cas pour beaucoup de personnes atteintes de la maladie d’Addison avant leur diagnostic), cela peut être un signe que votre traitement de fludrocortisone a besoin d’être augmenté. Toutefois, ces symptômes peuvent aussi indiquer la présence d’un diabète, ou d’un problème au niveau des reins. Il est donc important que vous en parliez à votre médecin et que vous effectuiez les analyses de sang appropriées avant d’ajuster votre traitement de fludrocortisone.

Certaines personnes trouvent que ces sensations inhabituelles de soif constituent en fait de symptômes occasionnels utiles, dans la mesure où il s’agit d’un signal d’alerte préalable indiquant que leur taux devient trop bas et qu’ils ont besoin d’avancer l’heure de leur prochaine prise. Enfin, des quantités importantes d’alcool, de café ou de thé peuvent entraîner une déshydratation à laquelle les personnes atteintes de la maladie d’Addison sont particulièrement vulnérables.

 

 

Peau sèche

 

Une sensation de sécheresse et de tiraillement au niveau de la peau est un problème fréquent. Un faible taux de DHEA pourrait en partie en être responsable. Une sensation extrême de sécheresse cutanée pouvant aussi être liée à une hyperthyroïdie, il pourrait donc être judicieux, si ce problème est permanent, de demander à effectuer une analyse de sang pour vérifier le bon fonctionnement de votre thyroïde. Pour vous soulager, vous trouverez en pharmacie toute une gamme de crèmes émollientes apaisantes.

 

Pigmentation

 

L’apparition d’une pigmentation plus intense (la peau prend un aspect bronzé inhabituel, des taches de rousseur ou des grains de beauté commencent à apparaître…) est une conséquence normale de la maladie d’Addison avant le diagnostic. Pour la plupart des patients, cette pigmentation commence à perdre de son intensité dans les semaines qui suivent le début du traitement. Cette pigmentation s’explique par des niveaux trop élevés d’ACTH, une hormone produite par l’hypophyse qui stimule les glandes surrénales. Chez certains patients, il peut toutefois persister une pigmentation marquée malgré la prise du traitement.

Si vous remarquez un changement de votre pigmentation alors que vous suivez votre traitement médical habituel, il peut s’agir d’un signe indiquant que votre taux d’ACTH a de nouveau augmenté, en réponse à un trop faible de taux de cortisol dans votre sang. Votre médecin vous conseillera peut-être de passer à  un traitement médical ayant une action plus prolongée dans le temps, ou alors de prendre vote dernière dose fractionnée de la journée plus tard dans la soirée afin de freiner la production d’ACTH par votre hypophyse.

 

Epuisement, sentiment d’avoir atteint ses limites

 

Les personnes atteintes de la maladie d’Addison ont tendance à puiser dans leurs ressources intérieures pour les aider à surmonter les événements stressants ou qui demandent un effort physique intense, compensant ainsi le fait que leur organisme n’arrive pas à stimuler leur taux de cortisol, contrairement à ce qui se passe chez une personne en bonne santé. Elles peuvent avoir l’impression « d’être au bout du rouleau ». Si vous vous sentez si fatigué que vous avez besoin de vous coucher pour vous reposer, une augmentation de votre dose quotidienne d’hydrocortisone serait probablement justifiée.

               

Vous n’aurez peut-être besoin que d’un léger supplément, l’équivalent d’un quart de votre dose quotidienne normale (c’est-à-dire 5 mg pour quelqu’un prenant 20 mg d’hydrocortisone), tout cela dépendra de la gravité de vos symptômes.

 

Au fil du temps, la plupart des patients atteints de la maladie d’Addison parviennent à reconnaître et anticiper les situations stressantes demandant un effort supplémentaire qui entraînent ce type d’épuisement. Pour certaines personnes, il peut s’agir du moment où elles doivent donner une conférence, pour d’autres, il peut s’agir d’événements familiaux affectivement importants.

 

Si vous faites partie des personnes qui ont remarqué qu’elles atteignaient ce stade d’épuisement régulièrement, cela vaut la peine de tenir un journal des événements qui conduisent à cette situation et d’en parler avec votre médecin. Il se peut que vous ayez besoin soit d’augmenter durablement la dose quotidienne de votre traitement, soit tout simplement de rester attentif aux circonstances dans lesquelles vous devrez ponctuellement l’augmenter, un tel ajustement devant toutefois rester exceptionnel car avec une consommation trop élevée de corticoïdes, vous risqueriez de développer certains signes de surdosages et notamment de l’ostéoporose.

 

 

Nausées et vertiges

 

Il s’agit des deux symptômes les plus fréquemment rapportés par les personnes atteintes de la maladie d’Addison lorsqu’elles atteignent le sentiment d’épuisement décrit au paragraphe précédent ou que leur taux de cortisol est extrêmement bas. Pour de nombreux patients, ces symptômes sont précédés de maux de tête, de douleurs articulaires et d’autres signes avant-coureurs. Si vous ressentez une forte sensation de nausées et de vertiges, vous devez prendre immédiatement votre prochaine dose d’hydrocortisone. Vous aurez probablement besoin d’augmenter votre dose quotidienne et de rajoute entre un tiers et la moitié de votre dose habituelle, en fonction de la gravité des symptômes. N’hésitez pas à téléphoner à votre médecin et à lui demander conseil pour savoir pendant combien de temps vous devrez augmenter votre dose d’hydrocortisone. L’expérience vous aidera par la suite à déterminer de combien vous devez augmenter votre dose dans une telle situation.

 

 

 

C)     SYMPTOMES ENGENDRES PAR DES TAUX DE CORTISOL ELEVES

 

 

Insomnies et autres troubles du sommeil

 

Les difficultés à trouver le sommeil, que ce soit au moment du coucher ou quand il faut se rendormir au milieu de la nuit après s’être réveillé, sont communes à une grande partie de la population générale et reflètent souvent un état d’anxiété lié au travail ou à des soucis familiaux. Une minorité de personnes atteintes de la maladie d’Addison disent qu’elles souffraient de troubles du sommeil avant le diagnostic mais la plupart déclarent dormir plus que d’habitude, du fait de leur état de fatigue.

 

Une fois le diagnostic posé, il se peut que vous ayez du mal à vous endormir si vous prenez votre dernière dose fractionnée de la journée tard dans la soirée. L’heure recommandée pour la prise de la dernière dose quotidienne est autour de 18 heures, ou au moins quatre heures avant d’aller se coucher

Les patients atteints de la maladie de Cushing (c’est-à-dire souffrant de taux de cortisol anormalement élevés dans la nuit) souffrent en général de troubles du sommeil. Si vous éprouvez régulièrement des difficultés de sommeil et que vous êtes sûr qu’il n’existe pas d’autres raisons à ces insomnies, il est possible que votre dose quotidienne globale soit plus élevée que ce dont vous avez réellement besoin.

 

 

Irritabilité, sautes d’humeur et dépression

 

Ces sentiments sont très répandus dans la population générale et il convient donc de les interpréter avec prudence. Toutefois, l’irritabilité, les sautes d’humeur et les sentiments de dépression peuvent être associés à des taux élevés de cortisol et affectent souvent les patients atteints de la maladie de Cushing. Si vous êtes gêné par ce type de sensations, il peut être utile de rediscuter de votre traitement médical avec votre médecin et d’essayer de diminuer progressivement votre dose d’hydrocortisone.

 

Un certain nombre de personnes souffrant de la maladie d’Addison racontent que leurs symptômes, pourtant liés à une insuffisance des glandes surrénales, ont été attribués par erreur à une dépression avant que le diagnostic ne soit correctement établi. Mais certains patients souffrent également de dépression clinique et disent qu’ils ont ressenti une grande amélioration après avoir sollicité une aide médicale et suivi un traitement à base d’antidépresseurs.

 

 

Rétention d’eau

 

Les signes de rétention d’eau, comme les chevilles enflées par exemple, peuvent provenir d’une multitude de causes, y compris de problèmes au niveau des reins ou d’une hypothyroïdie. Toutefois, pour les personnes atteintes de la maladie d’Addison, la première chose à faire est de contrôler le dosage de leur traitement médical, dans la mesure où tant la fludrocortisone que l’hydrocortisone peut affecter l’équilibre en eau du corps.

La cause la plus fréquente est une trop forte dose de fludrocortisone, auquel cas il faudra effectuer les  analyses sanguines appropriées avant d’ajuster votre traitement.

 

 

Apparition d’ecchymoses

 

En théorie, si la posologie de votre corticothérapie est correcte, vous ne devriez souffrir d’aucun effet secondaire des traitements aux corticoïdes. En pratique, certains effets secondaires mineurs sont difficiles à éviter, même avec des doses modestes, et l’apparition d’ecchymoses en fait partie.

Cette tendance à avoir des « bleus » résulte du fait que l’hydrocortisone en excès rend les vaisseaux capillaires plus fragiles.

 

 

Fragilisation et amincissement de la peau

 

A mesure que nous vieillissons, il est normal que la peau s’amincisse légèrement. Cependant, une fragilisation et un amincissement soudains de la peau peuvent aussi être des effets secondaires d’un traitement aux corticoïdes. En effet, un surdosage peut entraîner une perte de protéines de la peau et donc la fragiliser. Si vous souffrez de ce problème, en même temps que d’autres symptômes décrits ici et qui correspondent à des taux trop élevés de cortisol, il peut s’agir d’un signal d’alerte vous indiquant qu’il est temps de réexaminer le dosage de votre traitement médical avec votre médecin et de réduire progressivement votre dose d’hydrocortisone.

 

 

 

Affaiblissement musculaire/fonte musculaire

 

Certains patients atteints de la maladie d’Addison ont déjà perdu beaucoup de force musculaire avant que le diagnostic exact de leur maladie ne soit établi. Une fois votre traitement médical stabilisé, il vous faudra beaucoup de volonté et d’efforts pour retrouver la force musculaire perdue, mais le témoignage de certains patients montre qu’il est possible d’y arriver. Par ailleurs, n’oublions pas non plus qu’une légère fonte musculaire apparaît progressivement et de façon normale à mesure que nous vieillissons.

Parfois, l’affaiblissement musculaire peut également être un signe de déséquilibre en potassium, auquel cas il conviendra de faire vérifier vos taux de rénine et d’électrolytes.

 

En outre, une fonte musculaire importante peut indiquer que votre traitement est surdosé et que votre taux d’hydrocortisone est trop élevé. Les personnes atteintes de la maladie de Cushing disent souvent avoir remarqué un amincissement au niveau de leurs bras et de leurs cuisses ainsi qu’une sensation de faiblesse musculaire. Si vous ressentez ces symptômes, en même temps que d’autres correspondants à un excès de cortisol, vous devriez les considérer comme un signal d’alerte vous indiquant qu’il est temps de réexaminer le dosage de votre traitement médical avec votre médecin pour éventuellement réduire progressivement votre posologie d’hydrocortisone.

 

 

Visage bouffi/rond

 

Cela peut s’expliquer par diverses causes, y compris une hypothyroïdie. Toutefois, il s’agit souvent d’un problème dont souffrent les personnes atteintes de la maladie de Cushing. Là aussi, si vous ressentez ces symptômes, en même temps que d’autres décrits plus haut correspondant à un excès de cortisol, cela peut signifier qu’il est temps de réexaminer le dosage de votre traitement médical avec votre médecin pour éventuellement réduire progressivement votre posologie d’hydrocortisone.