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  1. H)        CORTICOTHERAPIE RENFORCEE EN CAS D’INTERVENTION CHIRURGICALE

 

 

Toute intervention chirurgicale implique l’existence d’un stress physique supplémentaire à mesure que votre organisme se répare. L’importance de l’intervention chirurgicale déterminera la quantité supplémentaire de corticoïdes dont vous aurez besoin, et la durée du traitement renforcé. Assurez-vous de parler de votre insuffisance surrénalienne avec le chirurgien et l’anesthésiste auparavant, et de leur signaler votre besoin supplémentaire en corticoïdes.

 

Essayez de prendre rendez-vous afin d’avoir cette conversation au moins un jour avant l’intervention de sorte que les médecins aient le temps de se référer au protocole d’usage en vigueur pour le type de chirurgie que vous devez subir, et qu’ils puissent aussi prévoir tout le dispositif nécessaire. Dans des hôpitaux de plus petite taille, il peut être prudent d’emporter votre propre préparation injectable avec vous, dans la mesure où les hôpitaux, ou les cabinets médicaux, n’ont pas tous à leur disposition des réserves importantes d’hydrocortisone pour injection intraveineuse.

 

 

La chirurgie dentaire

 

Certains endocrinologues pensent qu’il n’est pas nécessaire d’augmenter les doses de corticoïdes pour un simple travail dentaire faisant intervenir une anesthésie locale. En pratique, certains patients atteints de la maladie d’Addison préfèrent prendre une légère dose supplémentaire (disons 5 mg d’hydrocortisone) juste avant leur rendez-vous s’ils stressent à l’idée d’aller chez le dentiste.

 

Intervention chirurgicale bénigne avec anesthésie locale

 

Là encore, certains endocrinologues pensent qu’il n’est pas nécessaire d’augmenter les doses de corticoïdes pour une intervention chirurgicale bénigne faisant intervenir une anesthésie locale, comme l’ablation d’un grain de beauté ou d’une petite tumeur cancéreuse cutanée. En pratique, certains patients atteints de la maladie d’Addison préfèrent prendre une légère dose supplémentaire (disons 5 mg d’hydrocortisone) juste avant une intervention médicale nécessitant une anesthésie locale.

 

Intervention chirurgicale faisant intervenir un stress modéré

 

Pour ce type d’intervention (procédures chirurgicales invasives, comme un lavement baryté, une endoscopie, une chirurgie de la cataracte ou une intervention chirurgicale orale majeure), tous les médecins préconisent une augmentation de la dose de corticoïdes. Le protocole préconisé dans les manuels de médecine est de pratiquer une seule injection intraveineuse de 100 mg d’hydrocortisone juste avant l’intervention, et de revenir ensuite au traitement normal.

 

Intervention chirurgicale majeure

 

Ce terme couvre toute intervention chirurgicale impliquant l’abdomen ou le torse, comme une césarienne ou une opération cardiaque. Le protocole préconisé dans les manuels de médecine est de pratiquer une injection intraveineuse de 100 mg d’hydrocortisone juste avant l’anesthésie, et de répéter cela à 6 ou 8 heures d’intervalle pendant 48 à 72 heures.

Alternativement, on peut aussi administrer 240 mg d’hydrocortisone par 24 heures en intraveineux à la seringue électrique (soit 10 mg par heure).

Ensuite il conviendra de redescendre rapidement aux doses de traitement normal. Parce que vous allez devoir subir une anesthésie, vous devrez cesser de boire ou de manger 8 heures avant l’intervention, mais demandez si vous avez la possibilité d’être mis sous perfusion saline afin de prévenir tout risque de déshydratation.

 

 

I)        LE POINT DE VUE DU MEDECIN

 

  En règle générale, le protocole à suivre en cas de vomissements est le suivant :

 

1.         Prenez 20 mg d’hydrocortisone immédiatement après le premier épisode de vomissements.

 

2.        Utilisez votre dose de 100 mg d’hydrocortisone en injection d’urgence immédiatement après le deuxième épisode de vomissements.

 

3.        Appelez ensuite votre médecin traitant et demandez-lui de faire une visite à domicile afin de surveiller votre état général. Lorsque vous appelez, précisez à votre médecin que vous êtes atteint de la maladie d’Addison et que vous êtes cortico-dépendant.

 

4.       Si vous vous sentez extrêmement mal et que votre médecin traitant ne peut pas garantir qu’il arrivera chez vous suffisamment rapidement, demandez-lui de faire en sorte que vous soyez attendu directement au service des urgences à l’hôpital.

 

5.        Faites-vous systématiquement accompagner lorsque vous vous rendez au service des urgences. La personne qui vous accompagne pourra avoir à expliquer votre pathologie. Elle doit avoir le réflexe de présenter votre carte de soins et d’urgence et insister pour que les instructions de traitement figurant sur la carte soient suivies rigoureusement et immédiatement.

 

 

Si vous souffrez d’épisodes de vomissements répétés et que, pour quelque raison que ce soit, vous n’avez pas accès à une injection d’urgence et à des soins médicaux appropriés, vous devez tenter tout ce qui est possible pour réussir à garder dans votre estomac les médicaments pris par voie orale :

 

·         Avalez votre comprimé d’hydrocortisone juste après avoir vomi, avec juste une petite gorgée d’eau.

·         L’estomac parvient parfois à garder un comprimé plus longtemps s’il est pris juste après un épisode de vomissements. En l’espace de 15 minutes, le médicament aura été suffisamment absorbé par votre organisme pour que cela vous fasse du bien.

·         Si vous vomissez de nouveau le comprimé d’hydrocortisone dans les 15 minutes suivant la prise, essayez de placer un nouveau comprimé sous votre langue de sorte à ce qu’il se dissolve progressivement. Attendez-vous à un goût affreux, mais cela devrait garantir l’absorption d’au moins une petite quantité d’hydrocortisone.

·         Continuez à avaler un comprimé après chaque épisode de vomissements.

·         Continuez à faire se dissoudre un comprimé sous la langue entre les épisodes de vomissements.

·         Continuez à boire de l’eau ou une boisson réhydratante.

 

 

 

J)       TEMOIGNAGE

 

 

« UNE CHUTE DE L’ECHELLE »

 

« Cela s’est passé un samedi après-midi d’avril, mon mari était sorti et j’ai décidé de monter dans le grenier. Je suis une personne prudente et j’ai d’abord vérifié que tout était en ordre et que je portais les chaussures appropriées avant de monter sur l’échelle, qui est d’ailleurs une vraie échelle de grenier, solidaire du mur.

La première chose dont j’ai eu conscience fut d’être allongée sur le sol au pied des barreaux. Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi, ni pourquoi c’est arrivé. Je ne ressentais aucune douleur, mais je me rendais compte que ma jambe ou ma cheville droite était cassée, et que j’avais besoin de secours médicaux.

 

J’étais toute seule. L’échelle du grenier se trouvait entre moi et le téléphone.

J’ai réussi je ne sais comment à déplacer l’échelle tout en soutenant ma jambe et ma cheville droite avec mon pied gauche. Je me suis traînée sur le côté sur environ deux mètres jusqu’à atteindre le téléphone. J’ai composé le numéro des premiers secours et j’ai dit à l’opérateur ce qui m’était arrivé. J’ai ensuite dit que je souffrais de la maladie d’Addison et que j’allais avoir besoin d’une injection d’hydrocortisone en urgence dès que l’ambulance serait là. J’ai beaucoup insisté sur ce point.

 

A ce moment-là, je souffrais alors beaucoup, j’étais saisie de tremblements incontrôlables, j’avais des nausées terribles et j’avais également affreusement froid. Là encore, j’ai expliqué à l’ambulancier, et à l’étudiant qui l’accompagnait, que j’étais atteinte de la maladie d’Addison et que j’avais besoin d’une injection en urgence. Ils ont dit qu’ils n’avaient pas d’hydrocortisone et que j’en recevrais une fois arrivée à l’hôpital. Au lieu de cela, ils m’ont administré de l’Entenox (un gaz) contre la douleur. Je pense qu’ils n’avaient pas la moindre idée du caractère potentiellement fatal de la maladie d’Addison dans des situations d’urgences.

Cela faisait plus de 10 ans que je n’avais pas pratiqué mon métier d’infirmière, et je n’étais pas en état de me faire une piqûre. L’équipe présente dans l’ambulance a répondu qu’elle n’y était pas autorisée. J’ai donc insisté pour avaler 100 mg d’hydrocortisone avant de monter dans l’ambulance et de partir. A ce moment-là, je commençais à avoir du mal à raisonner clairement et je somnolais à cause de l’Entenox. Mais je réalisais qu’il fallait que je reste consciente, afin de m’assurer que j’allais recevoir le traitement adéquat pour ma maladie d’Addison, ainsi que pour ma jambe.

 

Lorsque je suis arrivée au service des urgences 20 minutes plus tard, les corticoïdes avaient commencé à faire un peu effet. Le médecin m’a dit que j’allais avoir besoin de passer une radio. Je lui ai dit que je devais recevoir immédiatement un traitement pour ma maladie d’Addison. Mais il a simplement répondu qu’on s’en occuperait plus tard – après la radio. Environ 20 minutes plus tard, après la radio, l’équipe médicale a essayé de me faire une prise de sang.

 

J’ai alors commencé à avoir de plus en plus peur, car personne ne prenait en compte mes demandes lorsque j’expliquais que j’avais besoin d’une perfusion d’hydrocortisone. Ma tension était faible et continuait à descendre. Les cinq tentatives de prise de sang ont toutes échoué. Pour moi, il était évident que mon organisme lâchait prise.

 

Je me suis alors mise à insister aussi fort que je le pouvais pour qu’on m’administre le traitement d’urgence pour la maladie d’Addison. Je n’avais avec moi aucun des documents nécessaires, à part mon pendentif SOS. L’hôpital avait pourtant mon dossier... J’ai juste continué à crier aussi fort que je le pouvais : « perfusion d’hydrocortisone ».

 

Un médecin m’a entendue. Il s’est approché de mon lit et m’a demandé pourquoi j’en avais besoin. Je lui ai dit que j’étais atteinte de la maladie d’Addison. Il a immédiatement ordonné la perfusion en intraveineuse toutes les six heures. Et ce n’est donc qu’approximativement deux heures après mon arrivée à l’hôpital, et trois heures après ma chute, que j’ai reçu le traitement approprié afin de stabiliser la crise due à la maladie d’Addison.

 

Peu de temps après cela, une infirmière des urgences est venue me voir et m’a demandé pourquoi j’avais demandé ce traitement, car sa mère était aussi atteinte de la maladie d’Addison. Et pourtant, elle n’avait jamais entendu parler du protocole d’urgence que j’avais exigé (même en tant qu’infirmière)…

On m’a ensuite posé un plâtre temporaire sur la jambe et on m’a transféré dans une salle d’observation. Le personnel a été fantastique ; ils n’ont pas oublié une seule fois de surveiller ma perfusion, ni de s’assurer que je recevais bien de l’hydrocortisone toutes les six heures. Le lundi, j’ai subi une intervention chirurgicale sans aucun problème, lors de laquelle on a posé des plaques sur ma jambe et une broche sur ma cheville. Le jour suivant, on m’a transférée dans le service d’orthopédie où le personnel, là aussi, a surveillé avec soin ma tension, qui remontait alors à 7 / 5.

 

Ma maladie a été diagnostiquée il y a 25 ans et, lors de cette chute, c’était la première fois que je me trouvais en situation de crise. J’ai été choquée de découvrir que je ne pouvais pas compter sur les équipes médicales de premiers secours pour m’administrer le traitement qu’il me fallait. Et donc aujourd’hui, je fais en sorte d’être toujours prête. J’ai suivi une formation de rappel pour pouvoir me faire de nouveau des piqûres, et on a montré à mon mari comment il devait s’y prendre pour me faire une piqûre. Lorsque je sors, mon sac contient désormais ma carte d’insuffisance surrénale, les instructions en cas d’urgence, une petite quantité de médicaments à prendre par voie orale et une préparation injectable. »

JACKIE

 

 

Jackie savait exactement quel traitement il lui fallait pour combattre les symptômes d’une crise surrénale aiguë, gérer le challenge d’une blessure physique grave et empêcher son organisme d’entrer en état de choc. Elle a su garder la tête froide et a pu insister pour qu’on lui administre le traitement médical supplémentaire dont elle avait besoin. Jackie a fait preuve de beaucoup de sang-froid en gérant cette situation qui a dû être extrêmement effrayante. Tant que vous êtes capable d’avaler et de garder vos médicaments, la prise d’hydrocortisone par voie orale devrait suffire à stabiliser votre état dans une situation d’urgence, pourvu que vous puissiez la prendre immédiatement. Voici les conseils à suivre pour quiconque se trouverait gravement blessé :

 

·         Appelez au secours

·         Prenez 20 mg d’hydrocortisone supplémentaires immédiatement et continuez à en prendre à mesure que vous en ressentez le besoin

·         Faites-en sorte de recevoir une injection de 100 mg d’hydrocortisone si vous vous sentez très mal

·         Faites-en sorte qu’à l’admission à l’hôpital, le personnel médical sache comment traiter votre blessure ainsi que les symptômes d’une crise d’insuffisance surrénale aiguë

 

Afin de recevoir le traitement adéquat en cas d’urgence :

 

·         Portez un bracelet d’alerte médicale (disponible au Royaume Uni) - ce type d’accessoire est plus facilement identifiable par les équipes médicales que tout autre type de dispositifs SOS

·         Ayez sur vous votre carte d’insuffisance surrénale

·         Assurez-vous que votre partenaire a reçu une formation et saura vous faire une injection en cas d’urgence, et qu’il sait où se trouve votre préparation injectable et vos réserves de médicaments

·         Assurez-vous que votre partenaire a une copie de votre carte d’insuffisance surrénale et qu’il est capable d’expliquer votre pathologie à l’équipe médicale. Il devra pouvoir exiger le traitement médical qu’il vous faut si vous vous sentez trop faible pour le faire vous-même :

             1. Une injection de 100 mg d’hydrocortisone

             2. Une perfusion afin d’éviter toute déshydratation

 

 

La lecture de ce témoignage vous a peut-être alarmé(e). En effet il est question d’une blessure grave et d’un retard dans l’administration du traitement adéquat. Toutefois, une personne atteinte de la maladie d’Addison a 6 % de risques de tomber suffisamment malade pour avoir besoin d’être hospitalisée. Ce risque est supérieur à celui de se trouver blessé dans un accident de voiture…

Il est donc prudent de se préparer à cette éventualité.

 

 

PRINCIPALES INFORMATIONS A RETENIR

 

·         Conservez toujours chez vous une préparation injectable, des comprimés (ou des suppositoires) anti-nausée et des réserves suffisantes de médicaments pour couvrir une période de maladie.

·         Assurez-vous que vous-même et votre partenaire, ou une personne qui vous accompagne régulièrement, sachiez comment faire une injection d’hydrocortisone en cas d’urgence.

·         Si vous avez un doute quelconque sur la gravité de votre maladie, téléphonez à votre médecin pour lui demander conseil.

·         Les affections suivantes nécessitent généralement que vous doubliez votre dose quotidienne habituelle : fièvre au-dessus de 37,5 ° Celsius (99,5 ° Fahrenheit), diarrhée durant plus de 24 heures.

·         Lorsque vous n’avez plus besoin de doubler votre dose de corticoïdes, ramenez-la progressivement à votre dose quotidienne habituelle.

·         Les affections suivantes peuvent nécessiter une injection d’urgence et une perfusion intraveineuse de fluides. Consultez rapidement un médecin dans ces cas-là : épisodes de vomissements sévères, chocs.

·         Les interventions chirurgicales nécessitent généralement une augmentation des doses de corticoïdes. Assurez-vous de discuter préalablement avec votre chirurgien ou votre anesthésiste de votre insuffisance surrénale et de la quantité supplémentaire de corticoïdes que vous devrez prendre.

·         Gardez toujours sur vous votre carte de soins et d’urgence.

·         La gestion des crises signifie avant tout, dans la mesure du possible, la prévention des crises. Tenez-vous prêt à appeler à l’aide et sachez le faire rapidement.

·         Pensez à vous faire vacciner contre la grippe chaque automne.

·         Si vous vous trouvez en état de crise et qu’il y a malheureusement des hésitations quant au traitement que vous devez recevoir, insistez pour que l’on vous fasse une injection intraveineuse de 100 mg d’hydrocortisone toutes les 6 à 8 heures.

 

 

 

RECOMMANDATIONS CHIRURGICALES

 

Addison’s Clinical Advisory Panel (ACAP) - Comité consultatif pour la maladie d’Addison Ces recommandations chirurgicales ont été préparées par le Pr John Wass du Churchill Hospital (Oxford), le Dr Trevor Howlett du Royal Leicester Infirmary (Leicester), le Dr Wiebke Arlte du University Hospital (Birmingham) et le Dr Simon Pearce du Royal Victoria Infirmary (Newcastle). L’ACAP est un groupe constitué d’endocrinologues s’intéressant aux glandes surrénales. Il prodigue des conseils médicaux au Groupe d’Entraide pour la maladie d’Addison (ADSHG). Il a aussi publié des recommandations pour le traitement de l’insuffisance surrénale en cas d’urgence ainsi qu’un dépliant à l’intention des patients, disponibles sur le site internet de l’ADSHG (www.addisons.org.uk) où vous trouverez également des informations supplémentaires sur ce comité.

 

 

Type d’intervention Recommandations préopératoires et opératoires

Recommandations postopératoires

 

Chirurgie majeure, intervention longue nécessitant une longue période de récupération (ex: intervention à  cœur ouvert, chirurgie majeure des intestins, interventions nécessitant un séjour en soins intensifs)

 

100 mg d’hydrocortisone IM juste avant l’anesthésie Poursuivre les 100 mg d’hydrocortisone IM toutes les 6 heures jusqu’à ce que le patient puisse s’alimenter et s’hydrater normalement (sortie de l’unité de soins intensifs). Doubler ensuite la dose par voie orale pendant au moins 48 heures. Revenir ensuite progressivement à la dose normale.

 

Chirurgie majeure avec récupération rapide (ex: césarienne, pose de prothèse articulaire)

 

100 mg d’hydrocortisone IM juste avant l’anesthésie Poursuivre les 100 mg d’hydrocortisone IM toutes les 6 heures pendant 24-48 heures (ou jusqu’à ce que le patient puisse s’alimenter et s’hydrater normalement). Doubler ensuite la dose par voie orale pendant 24-48 heures. Revenir ensuite à la dose normale.

 

Travail et accouchement vaginal

 

100 mg d’hydrocortisone IM au début du travail. Doubler ensuite la dose par voie orale pendant les 24-48 heures faisant suite à l’accouchement. Si la patiente se porte bien, revenir à la dose normale.

 

Interventions chirurgicales mineures (ex: chirurgie de la cataracte, réparation d’une hernie, laparoscopie avec  anesthésie locale)

 

100 mg d’hydrocortisone IM juste avant l’anesthésie. Doubler la dose de traitement par voie orale pendant 24 heures. Revenir ensuite à la dose normale.

 

Procédures invasives au niveau du côlon nécessitant des laxatifs (ex: coloscopie, lavement baryté)

 

Admission à l’hôpital la veille avec perfusion de fluides IV et 100 mg d’hydrocortisone IM durant la préparation. 100 mg d’hydrocortisone IM juste avant de commencer. Doubler la dose de traitement par voie orale pendant 24 heures. Revenir ensuite à la dose normale.

 

Autres procédures invasives (ex: endoscopie, gastroscopie)

 

100 mg d’hydrocortisone IM juste avant de commencer. Doubler la dose de traitement par voie orale pendant 24 heures. Revenir ensuite à la dose normale.

 

Interventions mineures (ex: ablation d’un grain de beauté avec anesthésie locale)

 

Généralement non requis Augmenter la dose seulement si des symptômes d’insuffisance surrénale apparaissent par la suite.

 

Chirurgie dentaire majeure (ex: extraction dentaire avec anesthésie générale)

 

100 mg d’hydrocortisone IM juste avant l’anesthésie. Doubler la dose de traitement par voie orale pendant 24 heures. Revenir ensuite à la dose normale.

 

Chirurgie dentaire (ex: dévitalisation avec anesthésie locale)

 

Doubler la dose (jusqu’à 20mg d’hydrocortisone) une heure avant l’intervention Doubler la dose de traitement par voie orale pendant 24 heures. Revenir ensuite à la dose normale.

 

Procédure dentaire mineure (ex: remplacement d’un amalgame)

 

Généralement non requis Augmenter la dose seulement si des symptômes d’insuffisance surrénale apparaissent par la suite.

 

 

1.         Dans le cas où le patient ne recevrait aucun traitement par voie orale, il convient de le mettre sous perfusion de solution saline pour prévenir la déshydratation, et de maintenir l’équilibre en minéralocorticoïdes, par ex. 100 ml toutes les 8 heures si > 50 kg.

 

2.        Il est préférable d’administrer l’hydrocortisone par voie intramusculaire plutôt que par voie intraveineuse car la libération se fera de façon plus stable et plus prolongée. En alternative, on peut l’administrer au moyen d’une pompe à perfusion, par ex. 24 mg/bolus puis 5 mg par heure.

 

3.         Notez que l’acétate d’hydrocortisone ne peut pas être utilisé du fait de sa libération trop lente et de sa formulation sous forme microcristalline.

 

4.        Surveillez les taux d’électrolytes et la pression artérielle postopératoires pour toutes les procédures nécessitant l’injection de corticoïdes. Si le patient montre des signes d’hypotension, qu’il somnole ou que son organisme commence à défaillir en périphérie, il convient d’administrer immédiatement 100 mg d’hydrocortisone par voie intraveineuse ou intramusculaire. Il convient d’administrer le bolus d’hydrocortisone sur une durée d’au moins 10 minutes afin d’éviter un problème vasculaire.

 

5.         Si des complications postopératoires surviennent, par ex. de la fièvre, différez le retour à la dose normale.

 

6.        Assurez-vous de la disponibilité de réserves d’hydrocortisone orale et injectable pour pouvoir les utiliser en cas de réanimation avant de commencer l’intervention chirurgicale. Même dans le cas où la couverture en corticoïdes est pleinement assurée, une réanimation postopératoire peut occasionnellement être requise.

 

 

PRINCIPALES INFORMATIONS A RETENIR

 

 

Le traitement médical

 

Ø  Le traitement le plus courant de la maladie d’Addison implique une combinaison d’hydrocortisone et de fludrocortisone.

 

Ø  Vous disposez de toute une gamme d’analyses de sang pour vous aider, ainsi que votre équipe médicale, à établir la dose quotidienne qui vous convient.

 

Ø  Vous vous sentirez peut-être mieux en répartissant votre dose quotidienne d’hydrocortisone en plusieurs doses fractionnées.

 

Ø  Il est recommandé de prendre votre première dose de la journée au moment du réveil.

 

Ø  Les doses individuelles de 20 mg ou moins n’ont généralement pas besoin d’être prises au cours des repas.

 

Ø  La dernière dose devrait être prise au moins 4 heures avant l’heure du coucher.

 

 

La gestion des crises

 

Ø  Conservez chez vous votre solution injectable, des comprimés (ou des suppositoires) anti nausées et des réserves suffisantes de médicaments pour couvrir une période de maladie.7

 

Ø  Assurez-vous que vous-même et votre partenaire, ou une personne qui vous accompagne régulièrement, sache comment procéder à une injection d’hydrocortisone en cas d’urgence.

 

Ø  Si vous avez un doute quelconque sur la gravité de votre maladie, téléphonez à votre médecin pour lui demander conseil.

 

Ø  Les affections suivantes nécessitent généralement que vous doubliez votre dose quotidienne habituelle :

-           fièvre au-dessus de 37,5 ° Celsius (99,5 ° Fahrenheit)

-          diarrhée durant plus de 24 heures

 

Ø  Lorsque vous n’avez plus besoin de doubler votre dose de corticoïdes, ramenez-la progressivement à votre dose quotidienne habituelle.

 

Ø  Les affections suivantes peuvent nécessiter une injection en urgence et une perfusion intraveineuse de réhydratation. Consultez rapidement un médecin dans les cas suivants :

-          épisodes de vomissements sévères

-           choc

 

Ø  Les interventions chirurgicales nécessitent généralement une augmentation des doses de corticoïdes. Assurez-vous de discuter préalablement avec votre chirurgien ou votre anesthésiste de votre insuffisance surrénale et de la quantité supplémentaire de corticoïdes qu’il vous faudra prendre.

 

Ø  Ayez toujours avec vous votre carte de soins et d’urgence.

 

Ø  La gestion des crises signifie avant tout la prévention des crises dans la mesure où cela est possible. Tenez-vous prêt à appeler à l’aide et sachez le faire rapidement.

 

Ø  Pensez à vous faire vacciner contre la grippe chaque automne.

 

Ø  Si vous vous trouvez en état de crise et qu’il y a malheureusement des hésitations quant au traitement que vous devez recevoir, insistez pour que l’on vous fasse une injection intraveineuse de 100 mg d’hydrocortisone toutes les 6 à 8 heures.

 

 

« Je vis avec la maladie d’Addison depuis 17 ans. Il est indéniable que la maladie a ses inconvénients : l’obligation de prendre des médicaments tous les jours, le manque d’énergie et de vitalité et l’apparition occasionnelle des symptômes s’apparentant à une crise. Dans mon cas, les pires symptômes surviennent généralement à cause de mon propre manque de discipline qui fait que je ne prends pas toujours mes médicaments à l’heure où je le devrais. Mais ma maladie m’a aussi apporté des choses très positives. J’ai appris à porter un regard différent sur la vie. Je suis plus tolérant envers les personnes handicapées que je ne l’étais avant ma maladie. J’ai accepté le fait que la vie est courte et qu’il nous faut profiter de chaque journée, chaque seconde, et en retirer le plus de bonheur possible. Je mène une meilleure vie qu’avant, lorsque j’étais en bonne santé car maintenant, je sais apprécier la vie. » LUKE

 

 

 

 

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